PROXIMITÉ SAUVAGE

Le monde sauvage n’est ni au bout du monde, ni dans un ailleurs inaccessible. Il est là, à porté de mains (ou plutôt de voiture). Dans l’arrière-pays cannois, les 700 hectares de la Réserve biologique des Monts d’Azur accueillent une faune libre, où se mêlent bisons, chevaux, cerfs, biches… Ce microcosme du territoire français fait figure d’exception. 

Réserve animalière des Monts d’Azur, Alpes-maritimes. © Elodie Rothan
Réserve animalière des Monts d’Azur, Alpes-maritimes. © Elodie Rothan

La Réserve biologique des Monts d’Azur, un lieu unique

Biches, cerfs, bisons, chevaux sauvages… Les 700 ha de la réserve Biologique des Monts d’Azur accueillent des centaines d’espèces, vivant en semi-liberté. Comprenez : en liberté dans la limite des enclos de la Réserve. Les animaux ne sont pas nourris, et vivent comme ils l’entendent.

Visite en calèche, Réserve animalière des Monts d’Azur, Alpes-maritimes. © Elodie Rothan
Visite en calèche, Réserve animalière des Monts d’Azur, Alpes-maritimes. © Elodie Rothan

Renversement de perspective

Dans cet univers, les visiteurs changent de place. Un renversement physique s’opère : les animaux ne sont plus enfermés derrière des grilles et nous, visiteurs, ne les observons plus si confortablement. Nous marchons, en compagnie d’une guide avertie, avec pour seule protection une canne, seule arme brandie contre une éventuelle embardée de bisons. Mais il n’y a pas d’embardée. Il n’y a pas de danger. Sauvage ne signifie pas danger. Ici se joue aussi une histoire de confiance. Marcher à proximité de ces colosses de plus de 800 kg est en effet impressionnant. Dès lors qu’une barrière s’en est allée, celle de la séparation physique, nous mesurons différemment la proximité. Un léger vertige nous prend, à sentir si près cette immense force de vie sauvage.

Le bison, Réserve animalière des Monts d’Azur, Alpes-maritimes. © Elodie Rothan
Le bison, Réserve animalière des Monts d’Azur, Alpes-maritimes. © Elodie Rothan

Une biodiversité retrouvée

Nous avançons doucement. En marchant, la guide nous explique les multiples bienfaits de la réintroduction des grands mammifères, qui autrefois peuplaient nos paysages. Aujourd’hui, la forêt est, souvent, synonyme de sous-bois denses, broussailleux et infranchissables. Or, sous l’effet des animaux, elle se métamorphose rapidement et redevient un écosystème ouvert. En effet, les arbres, durement traités par les bisons (qui aiment s’y frotter et en adorent les écorces), redoublent de vigueur tout en laissant la place à d’autres végétaux. Les sous-bois s’éclaircissent et deviennent ainsi un milieu hospitalier à nombre d’espèces. L’effet d’entrainement est tel que les observateurs sont eux-mêmes surpris de la rapidité et de l’intensité de la biodiversité retrouvée.

Cerf Élaphe, Réserve animalière des Monts d’Azur, Alpes-maritimes. © Elodie Rothan
Cerf Élaphe, Réserve animalière des Monts d’Azur, Alpes-maritimes. © Elodie Rothan

Tandis que la guide poursuit ses explications, nous nous faisons silencieux. Entre les arbres apparaissent de fantastiques sculptures : les bois de cerfs Élaphes se découpent entre les écorces. Une vingtaine de mètres nous séparent. Ils nous regardent, puis continuent tranquillement leurs affaires.

Parmi les vivants

Non loin, un troupeau de chevaux de Przewalski surgit au détour du chemin. Il représente la dernière espèce de cheval sauvage au monde. Quelques spécimens logent sur le causse Méjean, en Lozère, avant d’être réintroduits dans leur milieu d’origine, en Mongolie. Balafrés de coups et de morsures, ils sont réputés, – nous indique la guide – , pour leur agressivité. Ils ne semblent néanmoins pas perturbés par notre présence, à seulement quelques mètres d’eux.

Soudain, une des personnes de notre groupe se sent mal, a besoin de s’asseoir, fait un petit malaise. Tout rentrera vite dans l’ordre, mais un sentiment étrange persiste. Serait-ce la conséquence de cette confrontation au monde sauvage ? Le renversement de posture (celui du visiteur et du visité) aurait-il produit une certaine déflagration physique ? Peut-être pas. Ou bien serait-ce un signe de notre « crise de la sensibilité », telle que la décrit Baptise Morizot (dans Manières d’être vivant) ? La « crise de nos relations au vivant » s’illustrerait notamment par le fait que l’on « considère essentiellement les vivants comme un décor ». Or, être un décor signifie, par le même geste, « perdre sa consistance ». Là, face à nous, les vivants avaient soudain repris leur pleine consistance.

Dans la prairie, un cheval de Przewalski, Réserve animalière des Monts d’Azur, Alpes-maritimes. © Elodie Rothan
Dans la prairie, un cheval de Przewalski, Réserve animalière des Monts d’Azur, Alpes-maritimes. © Elodie Rothan
Réserve animalière des Monts d’Azur, Alpes-maritimes. © Elodie Rothan
Réserve animalière des Monts d’Azur, Alpes-maritimes. © Elodie Rothan

Informations pratiques :
Réserve biologique des Monts d’Azur
2651 route des châteaux – 06750 Thorenc
Alpes-maritimes, PACA
Sur le web : www.reserve-biologique.com

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Notre adresse coup de coeur dans les environs : le Lodge du Berlandou

Pépite nichée dans la forêt, cet hébergement intime (uniquement deux logements) propose un superbe lodge familial. Entre les pins, la construction mi-bois mi-toile invite au ressourcement. Vaste terrasse aménagée, espace naturel avec chaises longues et hamac, deux chambres dont une avec lits superposés et une vraie salle de bains… On savoure l’escale, d’autant plus que les petites-déjeuners sont servis directement sur la terrasse, tout comme les (excellents) dîners, en option. Un vrai souci des produits, locaux et bio… Et en bonus, une petite piscine pour faire un plongeon rafraichissant !

Lodge du Berlandou, Escragnolles. © Elodie Rothan
Lodge du Berlandou, Escragnolles. © Elodie Rothan

Informations pratiques :
Le Lodge du Berlandou
A partir de 105 €/nuit
43 Impasse de Berlandou – 06460 Escragnolle
Alpes-maritimes, PACA
Sur le web : www.lodgeduberlandou.fr

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