S’ÉVADER DANS LE DÉSERT MAROCAIN

Partir loin. Faire une pause. S’offrir une parenthèse hors du monde. Le désert appelle. Il est cette promesse d’immensité, de solitude, de vide. On s’y élance en quête d’inconnu, sans soupçonner qu’il est riche de rencontres. Une rencontre avec soi-même.

Désert d'Agafay, Maroc. © Elodie Rothan
Désert d’Agafay, Maroc. © Elodie Rothan

Arrivée Marrakech, Maroc.

Direction plein sud, 2 heures d’une route, puis d’une piste cahoteuse. Se déploient déjà les courbes infinies du désert d’Agafay. Ce n’est pas le plus lointain – on a à peine quitté l’effervescence de la ville, mais c’est déjà ça – se dit-on.

Pourtant, il n’est déjà qu’une évidence. Nous sommes au cœur du vide. La lumière a pris cette tournure des airs secs, purs. Les lignes des dunes rocailleuses sont nettes. Au loin, l’horizon découpe la silhouette majestueuse de la chaîne de l’Atlas, encore enneigée. La vision est somptueuse.

La chaîne de l’Atlas enneigée. © Elodie Rothan
Tente, Inara Camp, Maroc. © Elodie Rothan
Tente, Inara Camp, Maroc. © Elodie Rothan

L’air est chaud. Le soleil est en aplomb du ciel. Plus que de la chaleur. Protégé d’un traditionnel « tagelmust » (ou chèche), on perçoit déjà que cette terre appartient aux extrêmes. La vie qui s’y tapit a eu des millénaires pour s’adapter. L’homme occidental y fait pale figure. Sereins, nobles, les Touaregs ont l’attitude royale de l’habitude. Cet environnement est le leur. Cette terre les porte depuis des siècles et ils en ont décelé, et lentement apprivoisé les secrets.

Touareg, Inara Camp, Maroc. © Elodie Rothan

Tentes nomades

Élégant et chaleureux, le campement témoigne d’une opiniâtreté toute humaine : apporter, en ces terres isolées, le raffinement du monde, les agréments de la civilisation. Le camp conforte. Il puise dans les savoir-faire ancestraux des berbères : malgré des conditions hostiles, ce peuple a réussi à survivre, mais aussi à s’épanouir. A chaque moment, l’hospitalité légendaire des Touaregs est palpable, subtilement mais sûrement.

La lecture du « Désert des déserts » de Wilfred Thesiger nous avait déjà accompagnés aux confins d’Oman (voir notre reportage) : elle nous révélait l’exercice d’une vie rude, éprise d’une liberté qui nous est aujourd’hui inatteignable. A l’autre bout du Sahara, dans ce petit désert à portée de main, certaines réminiscences nous reviennent.

Que vient-on chercher ici ? Nos vies survoltées ont besoin de déconnecter. C’est dans l’air du temps. Bien.
Mais pourquoi le désert ? Qu’a-t-il de plus, d’autre, qu’une agréable masure dans la forêt ?
Il a en moins. Il a le rien. Le regard est sans limite. L’atmosphère sans fond. Et l’esprit sait, comprend, intègre ces kilomètres de néant qui s’étendent de toute part autour de lui.

La chaîne de l’Atlas enneigée. © Elodie Rothan
Fin de journée, Inara Camp, Maroc. © Elodie Rothan
Lueurs du soir, Inara Camp, Maroc. © Elodie Rothan

La quête du désert

Pourtant, quiconque sera au défit de ne point être saisi par le désert. Cela vient doucement, imperceptiblement. Durant une de ces nuits glaciales où le poêle – unique point de chaleur – devient vital. Durant un de ces silences étendus, parfois ponctués d’un lointain hurlement. Durant un simple retournement à 360° au sein d’un horizon absolument illimité.

Face à ce vide inconditionnel se tient une unique figure : soi-même. Non pas celui qui fanfaronne et s’impose au quotidien. Non, celui tapi dans l’ombre. Celui que l’on porte en soi mais dont on occulte continuellement la présence. Celui qui connait les profondeurs de la vie – qui a conscience de la sienne et peut-être même de sa mort. Celui qui se tient sur cette terre, pour naître et mourir, pour habiter.
Oui, le visage se fait un peu plus grave. Peut-être même une once de dignité fait-elle surface. Une once à garder précieusement avant de rallumer téléphones portables et écrans en tout genre, avant de reprendre le rythme effréné de nos vies.
Une once de soi-même. Voilà ce que le désert apporte sur son plateau doré de sable.

Balade à dos de chameau, Inara Camp, Maroc. © Elodie Rothan

Où séjourner : Inara Camp

Confort, raffinement, convivialité. Les vastes tentes arborent un grand lit, des luminaires et, luxe suprême au cœur du désert : une salle de bains ! Elles sont chauffées par un poêle individuel.
En journée, on grimpe sur le dos d’un chameau pour une balade pittoresque ; on randonne au milieu de paysages fantastiques ; on s’accorde un pique-nique chic au creux d’un oued ; on profite même d’un plongeon dans la piscine (écologique) étincelante du domaine !
Les soirées sont des fêtes impromptues, où musiques et chants traditionnels emportent les convives dans une griserie peu commune.

Informations pratiques
Inara Camp

Camp nomade dans le désert d’Agafay
A partir de 2 000 Dh/nuit
Maroc
Sur le web : www.inaracamp.com

Sur la piste. © Elodie Rothan

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